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Je suis un mordu de cinéma, de metal, de manga, et de tout ce qui touche à l´imaginaire. Je suis touche-à-tout.Je dessine, je joue de la musique, j´écris. Pour les passionnés comme moi.

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John Boorman, l'institut Lumière lui rend hommage, moi aussi


John Boorman

    Après Miyazaki, il y a un autre cinéaste de haut vol à qui j'aimerais rendre hommage, un cinéaste qui, l'air de rien, m'a ouvert des horizons, bien qu'à l'époque, je n'aie pas encore compris dans quelle mesure. J'avais quatorze ans quand j'ai vu pour la première fois La Forêt d'émeraude (1986), à l'époque, j'avais bien aimé le film sans plus. J'avais eu en revanche un vrai coup de coeur pour Hope and Glory, connu aussi sous le titre de La Guerre à sept ans (1987), mettant en scène la vision de la guerre par un petit Londonien.
    Je dois avouer que, comme tout un chacun, j'avais un peu oublié ce cinéaste britannique, né en 1933. J'en étais resté à la sortie de The General, sorti en 1999, mettant en scène la vie de l'indépendantiste irlandais Martin Cahill. Je dois avouer aussi que si je lui rends hommage aujourd'hui, je suis loin, en même temps, d'avoir vu tous ses films. Je n'en ai vu que quatre, mais il n'est pas impossible que j'en voie d'autres par la suite. J'ai vu Délivrance (1973), Excalibur (1980), La Forêt d'émeraude (1985) et Hope and Glory (1987).



Délivrance

    Voilà un film que j'ai découvert tardivement, bien qu'étant considéré comme l'un des meilleurs films de John Boorman par nombre de critiques. Sorti en 1973, ce film nous raconte l'histoire de quatre hommes de la ville, gagnant chacun relativement bien leur vie, partis faire du canoë dans une rivière sur laquelle doit bientôt être construit un barrage. Ils partent voir une dernière fois cette nature qui doit bientôt disparaître sous les flots, mais leur expédition tourne mal. Ils font la rencontre sur leur chemin de deux chasseurs. L'un des quatre randonneurs se fait violer, puis son agresseur se fait tuer d'une flèche par un autre des quatre. Dans l'impossibilité de prouver la légitime défense, ils font un choix qu'ils paieront très cher.
    Ce film, très sombre, est à l'image de l'esprit contestataire qui grondait dans l'Amérique de Nixon. La désunion de l'Amérique avec elle-même est évidente dans ce film où des hommes de la ville se retrouvent dans une bourgade reculée, où on sent clairement qu'ils ne sont pas à leur place. Ils arrivent chez les monstres que leur grande ville a engendrés, à l'image de cette région sauvage et majestueuse, qui finira noyée sous un lac de barrage. Ce sont des hommes monstrueux, aliénés par la civilisation moderne, qui agressent les quatre randonneurs. C'est une bourgade à l'agonie, à l'image de la nature qui les entoure, qui les accueille. Boorman nous dresse un portrait extrêmement sombre d'une Amérique qui se coupe de ce qui est le plus important pour elle, la nature qui l'a vue se constituer en peuple et en civilisation. Mention spéciale à Jon Voigt, Burt Reynolds et Ned Beaty, trois acteurs emblématiques de cette période.

   
Excalibur

    Changement de registre avec ce film chevaleresque sorti en 1980. C'est maintenant à la légende du Roi Arthur que s'attaque John Boorman. J'ai lu un certain nombre de railleries au sujet de ce film, que nombre de personnes qualifient de hautement kitsch, ce qui en ferait une raison suffisante pour le jeter aux orties. J'aimerais savoir deux choses, d'une part, avec ces critères de qualités, pourrions-nous encore qualifier de chef-d'oeuvre un film comme Alexandre Nevski, de Sergei Mikhailovitch Eisenstein? D'autre part, que penserons-nous du Seigneur des Anneaux dans trente ans?
    Je dois signaler, toutes choses égales par ailleurs, que le film, malgré certains aspects très kitsch, je le reconnais, garde des qualités impressionnantes. Le souffle épique du film n'a en fait rien perdu de sa puissance. Les scènes de bataille, par leur violence, laissent assez facilement oublier le fait qu'on n'ait qu'une trentaine de figurants et pas des milliers comme dans Le Seigneur des Anneaux. Effectivement, si on s'attend à trouver la même chose que dans les productions épiques modernes, on a de fortes chances d'être déçu. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'avant Peter Jackson, la faste de la mise en scène était l'apanage des péplums, et n'avait pas sa place dans les aventures médiévales. Nous retrouvons cette vision du monde, sauvage, solitaire, près de la nature, où l'homme de fait qu'un avec la terre. Ici, nous avons l'évocation de tout un monde, de tout une époque. Le film commence peu de temps avant la naissance d'Arthur et se termine avec sa mort. Sans parler d'exhaustivité, nous avons une vision globale du monde d'Arthur, et nous nous impégnons d'un monde, celui dans lequel il vit.
    Loin de la démesure d'un Tolkien, ce monde est simple dans sa présentation, la seule faste que nous trouvions ici, c'est celle des décors sauvages du royaume de Bretagne, et tout semble mis en avant pour dire que l'homme est bien peu de choses au milieu des forces naturelles qui l'entoure, ce qui est relativement vrai quand on parle du Moyen-Âge.


La Forêt d'émeraude

    Le rapport de l'homme à la nature est un sujet récurrent dans les films de John Boorman, c'est ce que nous constatons dans un film tel que La Forêt d'émeraude. Tourné au Brésil, ce film nous raconte l'histoire d'un enfant américain élevé par une tribu d'Indiens d'Amazonie. Encore enfant, Tommy part au Brésil avec sa mère et sa soeur pour rejoindre son père, un ingénieur américain, travaillant sur le chantier d'un barrage. Parti en visite sur le chantier, Tommy s'approche de la forêt, et trouve des Indiens qui le regarde. Peu de temps après, il disparaît. Dix ans plus tard, ses parents sont toujours sans nouvelles, mais n'ont jamais perdu espoir de le revoir un jour non plus. Un jour, Bill, le père de Tommy part en expédition dans la jungle et retombe sur lui par hasard, mais il trouve aussi une tribu de cannibales, de féroces guerriers, et leur dévoile l'existence des armes à feu. Il sera recueilli par les Invisibles, la tribu qui a accueilli Tommy dix ans plus tôt. Son fils est maintenant un homme, et fait son propre chemin dans la vie. Bill est malheureux de voir son fils s'éloigner de lui ainsi, alors qu'il vient à peine de le retrouver. Finalement, il repart seul. Mais quand les femmes des Invisibles se font enlever pendant qu'une mission des meilleurs guerriers part récupérer des pigments d'émeraude (qui leur sert de camouflage, d'où leur nom d'"Invisibles"), Tomme (puisque c'est ainsi que les Indiens l'appellent) part en ville, retrouver son père et lui demander de l'aide. Tomme et les siens découvrent ce que l'occident peut apporter de plus pervers, les femmes se sont fait enlever pour servir de prostituées à des bandits en tous genres. Le vice, la violence, Bill entreprend de les protéger de tout cela, et fait un dernier geste pour eux, il part détruire le barrage qu'il a aidé à construire, pour laisser un répit à la tribu des Invisibles.
    Nous avons affaire ici à une pure fable écologiste, celle-ci d'ailleurs prend un goût amer quand on pense que la déforestation en Amazonie est loin de s'être arrêtée depuis 1985, avec toutes les conséquences tant écologiques qu'éthniques qu'elle implique. Il reste un film d'une rare beauté, où nous voyons, une fois de plus, l'amour de John Boorman pour la nature luxuriante. Les plans de ce film sont autant de tableaux, de variations sur la majesté immense de la forêt amazonienne. On reste fascinés devant cette fausse naïveté des Indiens, pourtant finalement pleins de sagesse. Ceux-ci appelle la forêt le monde, et considèrent l'extérieur comme le monde mort, quelque chose qui nous fait réfléchir sur notre rapport à la nature.


Hope and Glory

    Deux ans après La Forêt d'émeraude, John Boorman s'attaque à ce qui est sans doute un de ses films les plus personnels. Ce film nous raconte l'histoire de Billy Rohan, gamin de Londres en 1939. Billy vit dans une banlieue londonienne avec ses parents, Clive et Grace, et ses deux soeurs, Dawn, l'aînée, et Susie, la cadette. Tandis que l'angoisse est dans de nombreux esprits parmi les adultes, Billy se réimagine la guerre, de son esprit plein de jeux et de peurs enfantines. Loin du drame familial, ce film est en fait une tranche de vie. Il s'agit d'une année de la vie d'une famille anglaise pendant la deuxième guerre mondiale. Sans complaisance, mais avec beaucoup de tendresse, John Boorman nous dresse un portrait assez juste de cette famille dans laquelle beaucoup de gens pourront se reconnaître. Nous entrons réellement dans l'intimité de cette famille, et nous nous imprégnons de ces lieux où ils vivent, des lieux qui ont été un jour, et qui paraissent criant de vérité. Ce film est chargé de cette nostalgie de l'enfance, et en même temps, de la mélancolie d'un monde en train de basculer, mais pour mieux se recentrer sur des choses essentielles.
    Au cours du film, la maison familiale de Billy brule, les obligeant à s'installer ailleurs. Billy et sa famille vont donc s'installer chez le grand-père (excellent Ian Bannen), vivant dans la campagne près de Londres, dans une campagne édenique, sur les bords de la Tamise. John Boorman apporte un soin tout particulier au rendu des textures à l'image, ce qui se ressent à travers la végétation luxuriante et les plis délicats de la Tamise au passage de la barque. Toute cette deuxième partie dégage une sensation de douceur de vivre, dans une campagne sur laquelle le temps semble ne pas avoir de prise.

    John Boorman est un cinéaste pour lequel j'ai un grand respect. Son attachement au paradis perdu, la quête de cette innocence disparue, sont autant de choses qui me touchent profondément. A travers Hope and Glory, qui est le film que je préfère, je retrouve toute l'innocence de mes jeux d'enfants. Ce dont je me rends compte, maintenant que j'ai eu le loisir de le voir sur grand écran, c'est du soin qu'il apporte à ses images, d'une extraordinaire pureté, et se succédant de façon extrêmement harmonieuse. Un film de John Boorman est comme un bout de ferraille modelé par un orfèvre, anodin en soi, mais prenant une toute autre dimension par ce que le créateur a pu vouloir y voir.
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T
lol, jkiff grave ton blog !Alor jlache mes comz \o/Youpi yop...
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