Au vu de mon cursus, il fallait bien que je mette la question sur le tapis un jour, un récapitulatif des cinéastes qui on marqué ma vie en particulier. Les films que je ne suis pas prêt d'oublier.
Pour autant que je sache, je souhaite faire du cinéma depuis l'âge de 10 ans. J'en ai maintenant 25, comme quoi, il y a certaines passions qui ne vous lâchent pas facilement. Pour moi, il y a eu plusieurs âges. A chaque fois, il y a eu un film, ou un ensemble de films qui a défini l'ensemble de mes goûts.
1991, où j'ai vu pour la première fois, à l'âge de huit ans à peine Indiana Jones et la dernière croisade. Ce fut pour moi une double révélation, pour la première fois je me suis intéressé par moi-même à un film qui n'était pas animé. Et surtout, c'est avec ce film que j'ai découvert Steven Spielberg, qui allait devenir un cinéaste incontournable pour moi. Pendant longtemps, dans les années qui ont suivi, j'ai eu beaucoup de mal à dire quelque mal que ce soit de Spielberg, et j'ai toujours adoré son travail en tant que producteur aussi (Retour vers le futur, Gremlins, ou bien les productions animées en tout genre).
1994, quel ne fut pas mon choc quand je découvris pour la toute première fois La Guerre des étoiles, de George Lucas, qui était sorti en l'an de grâce 1977. J'ai vu les deux autres peu de temps après. J'ai, comme certains d'entre vous le savent déjà, écrit mon mémoire sur la série de films de George Lucas, dans lesquels j'inclus également les épisodes I à III, même si je les ai découverts bien après, et que je les ai moins aimés.
1995, Une nouvelle révélation s'est imposée à moi, quand j'ai découvert West Side Story, de Robert Wise et Jerome Robbins (1961). Réaliser sous la forme d'une comédie musicale fastueuse un drame social relevait de la gageure. On se souvient tous, pour ceux qui l'ont vu, de ce Romeo et Juliette sur fond de guerre de gangs. Je garde un souvenir tout particulièrement de la musique de Leonard Bernstein, mythique !
1997, alors là, attention, on touche à ce qui aura sans doute été l'une de mes plus grosses claques cinématographiques à ce jour, Brazil, le chef-d'oeuvre de Terry Gilliam (1985), qui nous plonge dans une vision cauchemardesque d'une société moderne complètement malade de bureaucratie, de consumérisme, et de culte du progrès. Le choc, pour moi, aura été surtout d'ordre esthétique, en raison de la mise en scène extrêmement percutante de Terry Gilliam. Ce film compte toujours quelques noms, dont je suis resté grand amateur. citons, en vrac, la musique de Michael Kamen, et les interprétations de Jonathan Pryce, futur méchant dans James Bond, Robert de Niro, éblouissant comme à son habitude, et Michael Palin, ancien compère de Terry Gilliam au sein des Monty Python. Un monument !
2000, Princesse Mononoke a été le premier film de Hayao Miyazaki que je sois allé voir. J'allais avoir 17 ans, mais j'en suis resté con. Comme beaucoup de films spéciaux pour moi, il a fallu que je retourne le voir pour l'apprécier à sa juste valeur. La première fois n'a pas été forcément la plus évidente. Peu de temps après, j'ai découvert Mon Voisin Totoro (1988), après avoir offert la cassette à ma soeur, et ma famille et moi, nous sommes restés sous le charme. Miyazaki est resté le cinéaste qui m'a fait aimer l'animation japonaise. J'ai eu beaucoup de mal à m'enflammer de nouveau pour un film au cinéma après avoir vu celui-ci. Mention spéciale à Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Miyazaki, qui a signé un certain nombre de partitions pour Takeshi Kitano (que j'aime énormément aussi).
2002, d'ailleurs, a été l'année où j'ai enfin réussi à trouver mieux que Princesse Mononoke. C'est au Voyage de Chihiro, du même Miyazaki, que revient cet honneur. J'avais pris mon parti que je ne trouverais jamais mieux. Mais Miyazaki a réussi à surpasser son oeuvre précédente, ce dont je suis resté le premier surpris. C'est un film que j'ai pris un immense plaisir à voir et à revoir (trois fois en salle quand même).
2004 a été pour moi une année particulièrement riche pour les films marquants, puisque j'en compte deux qui m'ont vraiment impressionné de façon durable. Il y a eu, d'une part Metropolis, le film mythique de Fritz Lang (1927), et d'autre part, le Kill Bill vol. 1, de Quentin Tarantino. Le premier m'a marqué pour une raison toute simple, c'est que j'aic ompris en le voyant, que tout ce qu'on avait imaginé de plus fou en matière de science fiction, un Allemand l'avait déjà imaginé dans les années 20. Blade Runner, Star Wars, Alien, Brazil, autant de films qui sont redevables à Fritz Lang, à un niveau ou à un autre. Kill Bill vol. 1 est beaucoup plus affaire de fun. Ce film est un patchwork, par un fan pour des fans, rendant pêle-mêle hommage aux films de yakuzas ultra-violents, aux films de samurai, de kung-fu, aux westerns spaghetti et à l'animation japonaise. Aujourd'hui, je ne pourrais plus l'apprécier comme lorsque je l'ai découvert, en raison de son manque de cohérence, mais un fait reste : qu'est-ce que c'est fun ! Et comme il est jubilatoire de voir Uma Thurman, en guerrière vengeresse, trucider à elle toute seule tout une horde de tueurs armés jusqu'aux dents, le tout dans une ambiance si délicieusement nippone!
2008, le dernière révélation pour moi, c'est quand j'ai découvert Les Fils de l'homme, un très grand film, réalisé par Alfonso Cuaron, cinéaste mexicain, maintenant connu du monde entier pour avoir tourné le troisième Harry Potter. Dans ce film, nous trouvons Clive Owen, évoluant dans un monde en perdition, où pas un seul enfant n'est venu au monde depuis dix-huit ans. dans ce monde à la dérive, où tout semble perdu, un espoir refait surface, en la personne d'une jeune femme enceinte, portant en elle l'espoir de l'humanité entière. Il est difficile de rester de marbre devant ce qui est l'une des plus belles leçons d'humilité et de sacrifice que le cinéma nous ait jamais offerte, servie à merveille par une réalisation où rien n'a été laissé au hasard, avec un sens aigu du détail et une mise en scène effrayante de réalisme.