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Je suis un mordu de cinéma, de metal, de manga, et de tout ce qui touche à l´imaginaire. Je suis touche-à-tout.Je dessine, je joue de la musique, j´écris. Pour les passionnés comme moi.

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Hayao Miyazaki : mon hommage à un grand maître de l'animation... et du cinéma en général



Hayao Miyazaki

    Ceux parmi vous qui me connaissent déjà le savent. Je suis un fan absolu du cinéaste d'animation japonais Hayao Miyazaki. Permettez-moi de revenir sur un coup de coeur que j'ai eu il y a près de huit ans de cela. En fait, j'en avais déjà entendu parler avant. La première fois, c'était en 1995, quand Porco Rosso (1992) est sorti en cassette en France (eh oui, à l'époque, on ne savait pas encore ce que c'était, un DVD), j'avais également beaucoup entendu parler de Mon Voisin Totoro (1988), qui avait fait un passage très remarqué sur Canal + en 1998, lorsque j'ai découvert Princesse Mononoke (1997) à sa sortie cinéma en France, en 2000.


Princesse Mononoke

    C'est un film qui m'a profondément marqué. A l'époque, j'étais déjà un mordu de cinéma. J'allais voir toutes sortes de films, mais celui-ci a fait l'effet d'une bombe. J'ai vu beaucoup de grands films, mais j'ai tout reconsidéré par rapport à ce film-ci. En fait, je l'ai vu une première fois au cinéma, alors que j'étais en vacances du côté d'Avignon, et je me rappelle que tout en l'ayant aimé, le film m'a laissé un peu confus. Je l'ai revu une deuxième fois, quelques temps plus tard, alors qu'il passait (enfin!) à Alençon, et là, tout est devenu plus clair, j'avais 17 ans. Je venais de m'acheter la bande originale du film, signée (comme tous les films de Miyazaki ou presque) par Joe Hisaishi, dont je suis devenu fan aussi par ailleurs, et le désir de revoir le film s'est fait sentir. Et là, j'ai vraiment été ébloui par le souffle épique du film. C'est ainsi que pendant longtemps, Princesse Mononoke a continué de me hanter. Je suis assez peu retourné au cinéma dans les temps qui ont suivi. Je ne pouvais plus m'empêcher de voir tous les autres films comparativement à celui-ci. Je repensais à mon directeur de recherches, qui disait qu'après avoir découvert Pialat, plus rien n'était comme avant. Moi, c'était Miyazaki. J'ai découvert d'autres productions du studio Ghibli. J'ai offert la video de Mon Voisin Totoro à ma soeur, et c'est devenu un de nos films-fétiches, celui qu'on se regardait en famille le dimanche soir, quand la perspective de retourner à l'école le lendemain nous entamait le moral. J'ai énormément aimé Totoro pour d'autres raisons. J'ai été extrêmement marqué par l'amour et la joie de vivre qui marquaient ce film. C'est aussi avec ce film que mon attrait pour le Japon a grandi, même si je ne nie pas que le Japon me fascinait déjà avant (par les bons soins de Takeshi Kitano, notamment). J'ai découvert, dans la même période, Le Tombeau des Lucioles, d'Isao Takahata (1988 aussi) l'été 2000. Je crois que ça faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas autant fait pleurer. Dans l'absolu, j'ai découvert à cette époque que l'animation japonaise ne se résumait pas, comme on était beaucoup à le croire à l'époque, à des bonshommes à grands yeux et petite bouche, aux expressions grimaçantes.


Mon Voisin Totoro


    Je suis, comme je l'ai dit plus tôt, longtemps resté avec la certitude que je ne verrais jamais mieux que Princesse Mononoke, j'en avais pris mon parti, et je suis redevenu globalement moins blasé par rapport au cinéma. En 2002, Princesse Mononoke est enfin sorti en video, et je me suis empressé de l'acheter et d'en faire profiter toute la famille. C'était devenu le film que je voulais tout le temps revoir, comme je voyais et revoyais Star Wars quand j'étais gamin. Mais au printemps, 2002, Miyazaki a réussi l'impensable. Avec Le Voyage de Chihiro, il a réussi à faire mieux que Princesse Mononoke. A une époque où j'étais en mal de rêverie, ce film est arrivé à point nommé. Je me demande toujours comment rester de marbre devant cette invitation au rêve, au cours duquel on voit une fillette de dix ans travailler pour la rédemption de ses parents, transformés en porcs par la sorcière régnant sur les lieux. Comment ne pas être ému par la justesse des émotions dont les personnages sont chargés. Je reste un fan absolu de celui-ci, et j'attends avec impatience le jour où j'aurai l'occasion de le revoir. J'ai vu beaucoup d'autres Miyazaki depuis, et je les ai tous ou presque énormément aimés, mais Le Voyage de Chihiro reste indétrônable dans mon coeur. Le seul qui pourrait peut-être rivaliser, c'est Nausicaa de la Vallée de Vent (1984). Sur la période de 2002 à 2005, pour ce qui est de Miyazaki, j'ai été comblé, puisque le maître, devenu une superstar en France, a vu tous ses anciens films ressortir les uns après les autres. C'est ainsi que j'ai enchaîné les sorties tardives du Château dans le Ciel (1986, sorti en France en 2003), Kiki la petite Sorcière (1989, sorti en France en 2004), et  Nausicaa de la Vallée du Vent (1984, sorti en France en 2006). Il y en a d'autres, comme Mon Voisin Totoro et Porco Rosso, que je ne suis pas allé voir à leur sortie au cinéma, pour la simple raison que... je les avais déjà vu en vidéo, dans des éditions antérieures au rachat de tous les droits de distribution du studio Ghibli par Disney. J'ai vu le Chateau ambulant à sa sortie en 2005, je dois avouer que j'ai été déçu. Il est toujours très beau, mais on est loin, à mon goût, du grand frisson de Chihiro ou  Mononoke


Le Voyage de Chihiro

    J'aimerais aussi faire un retour sur ceux que j'ai le plus aimés. En tête, bien sûr, Le Voyage de Chihiro, mais j'ai aussi adoré Le Chateau dans le Ciel, qui raconte les aventures de deux enfants pourchassés parce qu'ils détiennent un objet-clé pour accéder à un royaume disparu. Ce film a été une révélation à un autre égard, pour moi. Ce fut le premier exemple d'uchronie que j'aie vu. L'utopie est le lieu qui n'existe pas, l'uchronie est l'époque qui n'existe pas. On trouve dans le film un monde à la fois archaïque et futuriste, qui n'est pas sans rappeler la vague steampunk de la science-fiction, où on retrouve beaucoup l'imaginaire de Jules Verne et H.-G. Wells. On retiendra aussi, du côté de l'animation, malgré des moyens techniques rudimentaires par rapport à ce dont le studio dispose aujourd'hui, une esthétique très larger than life. Aujourd'hui, Le Chateau dans le Ciel me laisse toujours ce souvenir d'ivresse des hauteurs, le vertige dans ce qu'il a de plus excitant. Par ailleurs, on retrouve les personnages chers à Miyazaki, des personnages qui ne sont pas aussi méchants qu'ils en ont l'air. Miyazki aime ses personnages, et il arrive à nous les rendre attachants.


Nausicaa de la Vallée du Vent

    Autant d'éléments qui égayent Nausicaa de la Vallée du Vent, qui raconte l'histoire d'une princesse appelée à ramener à la vie un monde à l'agonie. Le film se passe dans un univers post-apocalyptique, avec quelques aspects médiévaux. Mais à la différence de beaucoup de films post-apo, Nausicaa est un film marqué par l'espoir. La première fois que je l'ai vu, il ne m'avait pas marqué, mais d'un visionnement à l'autre, je me suis surpris à l'aimer de plus en plus, et il est vrai qu'à ce jour, il reste un de mes préférés. Il faut dire qu'avec mes propres projets de scénario, il ne peut pas me laisser indifférent. On a bel et bien ici un film épique, majestueux, qui se prête à rêver, mais qui est aussi chargé d'un message écologiste très fort, car à travers le monde de désolation de Nausicaa, c'est aussi une mise en scène de la hantise de l'holocauste atomique qu'on voit.


Le Chateau dans le Ciel

    Je me devais de rendre hommage à Miyazaki. Lui qui est adulé du grand public aujourd'hui, je suis fier d'avoir été parmi ses premiers fans en France. La véritable victoire de Miyazaki, c'est qu'aujourd'hui, il a aussi gagné le respect des cinéphiles. Même Les Cahiers du Cinéma lui consacrent des dossiers. Des étudiants en cinéma lui consacrent des recherches. Je ne désespère pas d'en faire autant un jour, mais je ne parierais pas que ma thèse porte sur lui, même si à ce stade, rien n'est à exclure. Une chose est sûre pour moi en tout cas : Miyazaki a bouleversé ma vision du cinéma. J'ai eu la preuve par A+B qu'on pouvait faire un cinéma de l'évasion et de la rêverie tout en invitant le spectateur à réfléchir sur le monde qui est le sien. Parce que les films de Miyazaki, s'ils sont divertissants et tout public, n'en sont pas dépolitisés pour autant. Mais pouvait-on en attendre moins d'un cinéaste qui n'a jamais caché ses engagements syndicaux et ses sympathies pour le marxisme? Quoi de plus naturel que le lien entre l'homme et la nature y soit aussi présent, quoi de plus naturel que la dénonciation de la guerre et du pouvoir oppresseur marque autant certains de ses films? Miyazaki fait du divertissment intelligent, on ne le remerciera jamais trop pour ça, surtout à une époque où les médias préfèrent flatter l'égoïsme et l'ignorance que l'intelligence et la bonne volonté, la consommation plutôt que les rapports humains, le confort matériel plutôt que la sagesse.
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T
"ses sympathies pour le marxisme"Il y a vraiment des gens qui vivent dans le passé. Ils feraient mieux de regarder la réalité en face et d'essayer de créer de la richesse !Je regrette que tu ne mentionnes pas l'existence d'une version tronquée de Nausicaa, vendue à 2? en tête de gondole des supermarchés, où le nom de Miyazaki est à peine mentionné en tout petit, et qui est une pure merde. Je ne comprends toujours pas comment ils ont OSÉ couper des passages de ce film : à quoi ça rimait ? Les droits d'auteur étaient moins chers ?
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