Bon, d'accord, il ne s'agit pas précisément d'un film, mais plutôt d'une série télé. Un pote m'a fait découvrir cette série américaine, et Guillaume et moi sommes devenus accros. C'est bien ficelé, c'est drôle, toujours bien trouvé, et il n'y a jamais un temps mort pendant un épisode.
L'histoire de la série se résume comme suit : Earl est ce qu'on peut appeler un voyou. Un gars qui est habitué aux déboires judiciaires. Le reste de sa vie n'est pas beaucoup plus réjouissant que son casier judiciaire. Marié à une femme qui le trompe allègrement, et qui était déjà enceinte au moment de l'épouser un soir où il était complètement saoul. Mais un jour, en grattant un billet de lotterie, sa vie bascule, mais pas de la façon dont on s'attendait. Un instant après avoir gratté, il se fait renverser par une voiture et part à l'hopital. Pendant qu'il est à l'hopital, sa femme le plaque. Partant du postulat que c'est parce qu'il fait le malheur des autres que sa vie est malheureuse, il fait une liste de toutes ses mauvaises actions et entreprend de les réparer une à une. Mais la tâche s'annonce plus difficile que prévu, surtout avec une ex-femme qui est la dernière des pestes et un frère qui n'est pas vraiment fini, aussi gentil soit-il.

Notre ami Earl, flanqué de son olibrius de frère Randy et de la belle Catalina, la femme de ménage mexicaine de leur résidence, entame donc son chemin de la rédemption, et écoute son karma, plus il fait de bien autour de lui, plus la chance lui sourit, mais dès qu'il s'éloigne, la poisse le rattrape.
Ouais, c'est une série vraiment excellente, que les frères Coen (période
Arizona Junior) ne renieraient pas. Ce n'est pas Santa Barbara, ce ne sont pas les Forces Spéciales ou je ne sais quoi, qu'on voit dans ce film, ce sont des gens du peuple, on peut même aller jusqu'à dire qu'ils ne sont vraiment pas finis. Joy, l'ex-femme d'Earl, est un exemple assez parlant, flanquée d'un jules sympathique, mais idiot comme ses pieds. Ici, c'est Redneckland. Personne ne semble comprendre ce qu'est ce karma dont parle Earl, et des fois, lui-même comprend à peine.

Mais sous ses dehors comiques, et même si elle montre des personnages idiots, la série, elle, ne l'est pas du tout. Il y a une morale présente tout au nom de l'histoire. Si Earl perçoit le karma comme quelque chose de surnaturel, ce qui reste vrai, c'est que les gens autour de lui lui rendent le bien qu'il leur fait. Mais on n'est pas non plus dans la success story, Earl ne finit pas plus riche ou plus reconnu, mais mainfestement plus heureux du bonheur qu'il offre autour de lui. Au début, on se contente de trouver que c'est un tocard, mais plus l'histoire avance et plus on l'aime.
Et cette histoire de karma, on commence à y croire aussi. Je me demande si je ne vais pas tenter de m'attaquer à une liste moi aussi...