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Je suis un mordu de cinéma, de metal, de manga, et de tout ce qui touche à l´imaginaire. Je suis touche-à-tout.Je dessine, je joue de la musique, j´écris. Pour les passionnés comme moi.

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De mon affection profonde pour le polar

Je dois vous apprendre quelque chose, j'adore le cinéma, non, ne me dites pas que vous vous en doutiez déjà. Zut, moi qui comptais sur l'effet sensationnel de la chose, c'est rapé! Bref, je suis un grand amateur de cinéma, et j'ai, depuis quelques années maintenant une affection toute particulière pour le cinéma asiatique. Pour autant que je sâche, je m'y suis vraiment mis pendant mes années de fac, quand j'ai approfondi mes connaissances du cinéma japonais. J'étais déjà un fan de Kitano depuis l'âge de 15 ans, quand j'ai découvert Sonatine, à l'occasion d'une diffusion dudit film sur Arte. Je suis resté fasciné par la plastique du film, associé aux standards habituels d'un bon polar hollywoodien.


Sonatine, le premier film de Kitano que j'ai vu

    J'ai enchaîné avec d'autres films de Kitano, mon préféré à ce jour reste Hana-Bi, même si j'ai vu beaucoup de ses films. Ceci dit, ma découverte du cinéma asiatique ne faisait que commencer, puisqu'à l'âge de 17 ans, j'ai aussi découvert ce qu'on appelle le wu xia pian, le cinéma de sabre chinois, avec Tigre et Dragon, le grand classique d'Ang Lee, qui a beaucoup séduit votre serviteur avec ce film, même s'il a beaucoup plus fait pleurer ces dames avec Le Secret de Brokeback Mountain. Puis j'ai aussi découvert à cette période Hou Hsiao Hsien, avec Goodbye South, Goodbye, qui reste à ce jour le seul film de lui que j'ai vu, que j'ai par ailleurs adoré. Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai découvert qu'il n'y avait pas que Wong-Kar-Wai à Hong-Kong, et que la ville-état bien connue avait aussi une production extrêmement fournie, avec toutes sortes de films de genre. Mais Hong-Kong se distingue par certains genres cinématographiques particulièrement. Il y en a trois en particulier, le film d'arts martiaux, le film d'aventures (même si les deux tendent à se rencontrer souvent, je pense qu'il faut faire la différence), et surtout le polar. S'il y a un genre par lequel Hong-Kong a connu une renommée mondiale, c'est bien celui-ci. De John Woo (The Killer) à Andrew Lau et Alan Mak (Infernal Affairs), en passant par Johnnie To (Breaking News), le polar est un genre à l'honneur.




Breaking News (Johnnie To, 2005)

Outre un intérêt particulier des Hong-Kongais pour ce genre précis, ce qui reste à démontrer, qu'est-ce qui fait que ce genre est tellement prolifique à Hong-Kong? Nous devons nous interroger sur plusieurs aspects de la question, en premier lieu, quelles sont les caractéristiques du film policier, ensuite, ce que Hong-Kong a qui se prête au genre, puis enfin ce par quoi à Hong-Kong, ledit genre se distingue par exemple des productions américaines.



Infernal Affairs (Andrew Lau et Alan Mak, 2002), maintenant un grand
classique du polar "made in HK"

    Une des grandes caractéristiques du polar, c'est qu'il est un genre urbain. Nous pouvons certes trouver des contre-exemples, il n'empêche que c'est assez souvent dans des grandes villes que se jouent les intrigues policières. Nombre des films consacrés au genre, ou des séries TV, se déroulent dans des grandes villes. Cela tient aussi à un fait social, généralement, la criminalité, à l'instar de la population, se concentre en ville. Les grands classiques du film policier, ceux de Henri-Georges Clouzot comme ceux de Martin Scorsese ou de Sidney Lumet se déroulent dans de grandes villes. Il peut s'agir de Paris, New York, ou même Los Angeles, Marseille, Londres, etc., mais le principal reste que le film se déroule le plus souvent dans une grande ville marquée par une réalité sociale. La ville est un lieu où la richesse se concentre, mais où, non contente de se concentrer en un seul lieu, elle se concentre aussi entre quelques mains particulièrement. Cela implique donc également la présence de laissés pour compte, une grande misère à côté de la grande richesse. Historiquement, ce sont les classes défavorisées, souvent avec une grande concentration d'immigrés qui sont à l'origine du crime organisé. Aux Etats-Unis, le crime organisé s'est développé pendant la prohibition avec les immigrés italiens, alors en mal d'intégration et de reconnaissance sociale. De même, au Japon, les yakuzas sont constitués en grande partie des exclus de la société. Il en va de même à Hong-Kong, où les triades se développent parallèlement au commerce officiel. Les grandes villes, un peu partout dans le monde, constituent donc un terrain favorable à ce genre d'intrigue. En outre, dans les villes, nous avons un aperçu large de la société. Nous voyons les personnes des plus riches aux plus pauvres, nous voyons des personnes respectables, d'autres franchement monstrueuses. Tout celà permet de concentrer sur un seul lieu un éventail de personnages  très large.
    Ensuite, il y a le style, l'esthétique du polar. S'il s'agit d'un simple jeu de pistes, un petite ville fera très bien l'affaire, mais quand on parle d'affrontements ouverts, il faut une grande ville, où on peut envisager des fusillades, des grandes courses-poursuites sur un périphérique, des truands qui trouvent un endroit où se cacher. L'ensemble confère au genre une majesté  toute particulière. La ville, lieu majestueux, à la fois espace d'ambition et de perdition, exerce une fascination pour le public, dans l'utilisation qui en est faite pour le film policier.


Des personnes des plus riches aux plus pauvres, ici, une rue typique de Hong-Kong

    Hong-Kong est une ville, historiquement, c'est une ville-état, enfin, c'est une ville de 6 millions d'habitants, ce qui la place parmi les très grandes villes, même si de nombreuses autres villes en Chine ont cette taille, Hong-Kong reste unique en son genre, puisque c'est la seule où on voit ainsi se rencontrer les cultures anglo-saxonne et chinoise. La logique d'aménagement urbain, tout particulièrement le développement à la verticale de la ville renvoie à cette culture anglo-saxonne qui a marqué Hong-Kong. Celà ne suffit certes pas à en faire une ville à l'américaine, mais une partie du folklore de ce type de ville se retrouve ici. C'est aussi ce qui nourrit l'imagination fertile des cinéastes.

    De même que nous retrouvons cet environnement évocant les métropoles américaines, de même, nous pouvons retrouver une inspiration hollywoodienne dans les polars de Hong-Kong. Nous retrouvons les mêmes poncifes, des courses-poursuites, des fusillades, des machinations, des scénarii à tiroirs, des affrontements sanglants entre gangs, ou entre police et truands. Nous pourrions donc nous demander, plutôt que ce en quoi le genre à Hong-Kong ressemble au genre à Hollywood, ce en quoi il se distingue. Une des différences fondamentales, même si celà semble d'une évidence affligeante, c'est la ville de Hong-Kong même. Le décor est différent, cela confère au film un charme qui, même s'il est comparable aux films américains, n'en est pas identique pour autant. De même la caractéristique de Hong-Kong qui ne caractérise aucune ville américaine, c'est son statut de ville-état. Même maintenant que Hong-Kong fait de nouveau partie de la Chine, Hong-Kong reste Hong-Kong. La ville a gardé cette habitude de fonctionner en vase clos, et c'est ce qu'on retrouve dans ces films, comme dans Breaking News, où les "Chinois du continent" sont déjà un peu des étrangers, même s'ils sont eux-aussi chinois. Il en ressort que la ville ici ne se contente pas de donner une vision d'ensemble d'une société, elle englobe toute cette société, puisqu'en dehors de la ville, à Hong-Kong, il n'y a rien. Nous retrouvons donc cet aspect de microcosme dans Hong-Kong, et nous voyons bien qu'au-delà d'un décor, c'est un lieu où des gens vivent. Un peu comme si quelqu'un filmait une course-poursuite dans le VIIe arrondissement de Lyon, en plus du suspense, on profite du décor. Hong-Kong fascine aussi dans ces films parce que c'est une ville qu'on a, quoi qu'il en soit, moins l'habitude de voir au cinéma que New York ou Los Angeles.
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S
eh oui, les formules sensationnelles des critiques de cinéma grand public, ça pourrait faire l'objet d'un article ultérieur!On pourrait trouver beaucoup à dire quant à leur impact sur le public, entre ceux, dont je fais partie, que ça fait plutôt rire, et ceux qui marchent. Je médite sur d'autres formules savoureuses, tout en admettant que celles-ci sont fort à propos. Sur ce, bien le bonsoir!
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T
"Un article époustouflant" (Le Figaro Madame)"Par l'auteur de "Les films que j'ai vus cet été"" (Ciné-Live)"Le renouveau du blog" (L'Équipe)"Après "Hayao Miyasaki", Bastien révolutionne une nouvelle fois l'approche du cinéma asiatique" (Le Point)
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