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Je suis un mordu de cinéma, de metal, de manga, et de tout ce qui touche à l´imaginaire. Je suis touche-à-tout.Je dessine, je joue de la musique, j´écris. Pour les passionnés comme moi.

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De l'importance pour les peuples à être leur propres maîtres

    L'idée de ce billet m'est venue après la lecture, ce matin, d'un article dans le journal en ligne, rue89.com, où il était question de l'atlantisme décomplexé de Nicolas Sarkozy. Ceux qui ne l'ont pas lu et sont curieux de savoir ce qui s'y trouve peuvent le lire sur le lien suivant : http://rue89.com/2008/04/02/sarkozy-et-lotan-latlantisme-decomplexe-et-risque

    Bref, ceux qui ignorent encore mon dégoût profond pour la tournure politique que prend notre beau pays se porteront mieux s'ils sont prévenus. Je rejette toute la politique de l'UMP, et j'irai même plus loin que certaines personnes qui disent détester Sarkozy, mais qui lui apportent son soutien, en grossissant les rangs des usagers mécontents de la SNCF. Encore que j'ai l'impression que la situation actuelle soulève moins la polémique, et que nous sommes tous d'accord pour dire que la décision de la France de rejoindre l'OTAN, surtout quand on sait que cela implique pour notre armée de proclamer allégeance à l'Oncle Sam. Vous pensez que je fais dans l'anti-américanisme primaire? Détrompez-vous. Les Etats-Unis restent un pays pour lequel j'ai une grande sympathie, surtout que depuis que nous avons mis un de ses grands amis au pouvoir, nous n'avons plus vraiment lieu de critiquer la mère-patrie de George W. Bush. En l'occurence, ce n'est plus une affaire de nation, c'est une affaire de bon sens.

    En effet, est-il bien raisonnable d'envoyer des troupes françaises en Afghanistan, alors que le conflit s'embourbe depuis plusieurs années maintenant? Je ne crois pas, et je pense que nombre d'Américains seraient d'accord pour dire d'une voix avec moi "Bring the boys back home!". Car le fond du problème ne concerne pas les Américains en soi, mais la politique va-t-en guerre qui régit leur pays en ce moment. Je ne connais que très peu de monde, dans tous les pays d'Europe où je suis allé, pour dire du bien de George W. Bush, et pourtant, nombre de personnes soutiennent leurs chefs d'état, qui soutiennent Bush... cherchez l'erreur! Alors, Sarkozy qualifie la politique française de rejet de l'OTAN d'hypocrite, mais n'est-il pas plus hypocrite d'embrasser la cause du bellicisme étatsunien quand on sait que nombre de ses concitoyens la réprouve? N'est-il pas hypocrite, de même, de construire l'Europe néolibérale sans aucune consultation populaire, pour se présenter ensuite comme les garants de la démocratie dans le monde? N'est-il pas hypocrite, sous prétexte de constituer une alternative puissante aux Etats-Unis, de s'embarquer dans un néolibéralisme aussi prédateur que le leur? Dites-moi donc où elle est, l'alternative?

    Je m'éloigne du sujet initial, qui était celui de l'OTAN, mais c'est pour dire que cette attitude de Sarkozy, sous prétexte de démocratie et de progrès, n'est en fait qu'une route longue et pénible vers la régression et le totalitarisme. Voyons un peu comment l'article énonce la chose :
    "Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités."
    Parmi les commentaires, nous apprenons aussi la chose suivante :
    "La décision d'envoyer des Français combattre en Afghanistan n'a même pas été réellement débattu au sein du Parlement... et a été annoncé en "avant-première" à l'étranger, au Royaume-Uni. Nicolas Sarkozy décide et ensuite fait semblant de consulter la représentation nationale avec un débat sans vote. Comme l'a rappelé Jean-Louis Bianco, nous sommes une des rares démocraties dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement n'en débatte sérieusement et encore moins ne vote."
    Le fait d'envoyer des troupes est une décision sérieuse, ne trouvez-vous pas gênant que notre président en ait pris seul la responsabilité, sans avoir, au préalable l'aval du Parlement? Voilà un réveil brutal pour ceux qui pensaient encore vivre dans une démocratie, alors que nous avançons doucement vers une monarchie absolue, où Sa Majesté Sarkozy décide, sans passer par le Parlement, d'envoyer des forces armées en Afghanistan. Les personnes qui pensent encore qu'il est souhaitable d'avoir un chef d'état puissant, qui sâche taper du poing sur la table, en tiennent une sacrée couche. Actuellement, alors que des pays qu'on avait jugés comme alignés sur la politique américaine retirent leurs billes, nous marchons à grands pas dans leur direction. Parmi les nombreuses personnes qui ont voté pour Sarkozy, il y en avait pourtant beaucoup qui étaient contre la guerre en Irak. Sarkozy, lui, était pour. Mais c'est vrai qu'il ne faut pas trop en parler.
    Deux poids et deux mesures. Le véritable problème n'est pas d'être un pays violent, dictatorial, pour témoin, l'exploitation éhontée des travailleurs chinois pour alimenter les commerces occidentaux, une politique qui tient plus du capitalisme sauvage que du communisme. Parallèlement, on va stigmatiser Hugo Chavez, parce qu'il a nationalisé une chaîne de télévision qui avait appelé au coup d'état à son encontre. On crie à la violation de la liberté de la presse, tandis qu'on continue d'engraisser l'économie chinoise qui la viole beaucoup plus allègrement. On fait tout un foin de la Corée du Nord, mais ce n'est pas le fait que ce soit une dictature qui pose un problème à nos dirigeants, c'est surtout le fait qu'à la différence de la Chine, eux ne se sont pas ouverts au marché international. Ceci étant dit, quand je vois dans quelle merde ça nous met, entre les délocalisations incontrôlables, les cours de la Bourse qui s'envolent, et surtout la concurence effreinée entre les nations, même à l'intérieur de l'Europe, j'aurais du mal à leur donner tort.
    Le nouveau grand Satan du monde moderne, ce n'est pas la dictature, sinon, on ne s'empresserait pas ainsi de faire du commerce avec la Chine, c'est tout pays qui pourrait se mettre en travers de la mondialisation en marche. Bien que je ne considère pas l'Iran comme un modèle de respect des droits de l'homme, je constate néanmoins qu'Ahmadinedjad a été élu en partie, sur la fois de son anti-américanisme. Je ne pense pas que les Iraniens en soient plus libres aujourd'hui, mais c'est l'expression d'un ras-le-bol par rapport à un capitalisme néocolonial, qui les dépossède de toutes leurs richesses, et qui leur impose une politique nationale de l'extérieur. Dans nos vertes contrées, nous n'en sommes pas encore à un stade aussi avancé, en outre les Américains ne peuvent pas nous reprocher de fabriquer secrètement des armes atomiques, nous ne nous en sommes jamais cachés. Cependant, rappelons-nous l'assassinat d'Aldo Moro, en Italie, qui avait été commandité par la CIA, pour faire porter ensuite la chapeau aux communistes, les empêchant ainsi de prendre le pouvoir en Italie. L'Italie a fait les frais de la "raison d'état" de la CIA, tout comme il est fort probable que nous en ferions les frais si nous nous mobilisions aussi. Comme disait Rosa Luxemburg, "Celui qui ne bouge pas ne peut pas sentir ses chaînes". Les Américains sont sympas avec nous parce que nous ne leur faisons pas - assez - de tort, mais qu'en serait-il si cela devait changer?
    Je ne suis pas fataliste, mais je crois qu'il faut rester vigilant, et en premier lieu, nous devons rester des états souverains, qui ne se font pas dicter leur politique de l'extérieur, que ce soit par l'Union Européenne, l'OTAN ou les Etats-Unis. D'où mon titre, "De l'importance pour les peuples à être leurs propres maîtres".
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