Chapitre 3 : une menace sur les Pyrennées
Edmond resta ainsi plusieurs mois chez les mages, et comme cela avait été supposé, il avait lui aussi des pouvoirs, que dans son éducation matérialiste, il s'était empressé d'occulter. La relation avec Julie devint de plus en plus sérieuse. Écrire devint l'occupation préférée d'Edmond. Julie lui donnait beaucoup d'idées. Ils vivaient ensemble. Edmond, qui passait le plus clair de son temps à écrire, passait beaucoup de temps à Toulouse, avec elle, tandis qu'elle avait repris l'université. Julie était enceinte de quatre mois, d'une des premières nuits qu'ils ont passées ensemble. Tout semblait aller pour le mieux. Pourtant quelque chose allait faire ressurgir le passé d'Edmond, y compris des actes qu'il a pu commettre et qu'il eût préféré garder secret.
Pendant ce temps, à Lyon, dans la compagnie où Edmond avait travaillé autrefois, une réunion se tenait, pour un projet de développement urbain... dans les Pyrennées. En bout de table, dans la salle de réunion, M. Hériot, P.D.-G. de la société Flambol, le dernier géant français du pétrole, rassemble ses actionnaires pour le financement d'un chantier autoroutier faisant la liaison Toulouse-Barcelone, et devant passer à travers les Pyrennées.
-Alors, Messieurs, que pensez-vous de ce tracé?
-Ce projet nous paraît intéressant, Toulouse est en plein dans la zone désindustrialisé, et ce projet pourrait désenclaver une ville d'une importance stratégique non négligeable, mais que pourriez-vous nous dire de la marge de bénéfice réelle qu'il représente?
-Eh bien, vous savez, les gens qui sont là sont un peu de grands enfants, qui vivent essentiellement du troc, et des échanges de bons procédés, mais les gens du voyages passent beaucoup de temps dans ces régions, à récupérer des ressources qu'ils nous vendent ensuite. De bonnes infrastructures leur permettraient d'acheminer plus de ressources plus vite, ce qui pourrait permettre de baisser les prix de beaucoup de produits dans lesquels nous avons des parts.
-Est-ce que vous ne craignez pas d'attirer la grogne des gens qui vivent là, des associations écologistes, ou je ne s ais quoi?, demanda naïvement un actionnaire.
-Nous n'allons pas en reparler, il faut faire ce tronçon, les Pyrennées sont une véritable mine d'or, la région est très riche en ressources en tout genre, cela nous assurerait une marge non néglibeable. Et cela ferait pas mal de bien à nos dividendes à tous, vous n'êtes pas d'accord?
Hériot vit des signes d'approbation autour de lui.
-Bien... je crois que la messe est dite, le temps n'est plus au mouvements de protestation écologistes, nous avons déjà cédé beaucoup de terrain, nécessité oblige, nous ne pouvons plus espérer une marge digne de ce nom avec le pétrole, il faut absolument se rabattre sur autre chose. Les gens ne veulent plus de cette huile, maintenant qu'ils ont réussi à s'en débarrasser, il faut trouver nos deniers ailleurs. Ce riant coin de campagne est globalement bien épargné par l'activité humaine, il n'attend que nous, Messieurs, c'est du pain béni.