Non pas qu'une fille, en me faisant les yeux doux, ne serait pas capable de me convaincre de l'accompagner chez Zara ou Burton, je l'accompagnerais, mais ce serait beaucoup plus pour le plaisir d'être en sa compagnie que parce que j'aime moi aussi passer trois heures dans des rayons de fringues qui ne sont vraiment pas mon style. Pour ce qui est des fringues, la plupart du temps, celles que je porte me conviennent déjà.
Bon, je plaide coupable, il est vrai que votre serviteur a la fièvre acheteuse, lui aussi, aussi vrai que depuis que je suis l'heureux propriétaire d'une Playstation 2, soit moins d'un an, je me suis acheté pas moins de 17 jeux! Mais je ne me suis pas mis sur la paille pour autant. J'ai dû acheter au moins une vingtaine de CD depuis la même période, et probablement plus de DVD. Autant de choses qui ne sont guère raisonnables, il est vrai, surtout quand, comme moi, on s'affirme un ami de la nature. Pour ma défense, mes dépenses de cette année, pour l'essentiel, sont allées dans la nourriture et le voyage. J'inclus mon voyage à Montréal dedans. Même s'il doit peser pour la moitié de mes émissions de CO2 des cette année à lui tout seul (ou peut-être moins). Bref, j'aime moi aussi faire les magasins, mais pas les mêmes. Quand ce sont les soldes, chaque année, c'est la ruée, et tout particulièrement dans les magasins de vêtements. Vous verrez, cet automne, où les gens s'agglutinent le plus. Et sans attendre jusque-là, regardez donc, dans les galeries des centres Carrefour ce qui revient le plus : mode, maroquinerie, ou chaussures, et regardez donc si on n'y trouve pas surtout des femmes. Observez donc les mannequins en vitrine : ce sont des mannequins féminins qu'on y verra le plus souvent. La coquetterie est à décliner au féminin, le plus clair du temps. Je considère la mode minet comme un affront fait à la virilité. Mais dans le fond, de savoir qu'une fille dépense autant pour se faire belle ne me dérangerait pas (pas plus qu'un mec, d'ailleurs), s'il n'y avait pas cette réalité beaucoup moins souriante.
Au risque de passer pour un gros macho, je dois quand même observer quelque chose qui tombe sous le sens. Depuis que les géants de l'électroménager que sont Moulinex et Phillips ont bougé leurs usines en Chine, une des principales activités industrielles restant aussi françaises que votre serviteur, c'est celle des cosmétiques. J'en veux pour preuve tous les cosmétiques L'Oréal, Garnier et autre Yves Rocher, tous estampillés "made in France". Le rouge à lèvres et le fond de teint sont des biens de consommation qui, sauf erreur de ma part, sont destinées à une clientèle féminine. Ils sont aussi connus pour être issus d'une industrie notoirement polluante : la pétrochimie. J'aime qu'Yves Rocher nous baratine sur la nature des femmes alors qu'il vaut mieux ne pas trop savoir ce qu'il y a dans ses crèmes anti-rides. Tout comme j'aime que les produits de l'agriculture réputés bons pour la santé, tels que le colza et le soja donnent libre cours à une agriculture productiviste et assez chargée en OGM (surtout le deuxième, mais le premier, pour ceux qui ne le savent pas, est source d'allergies, comme de nombreuses fleurs). La bouffe, autre sujet contrariant avec les femmes.
Dans ma famille, c'est mon père qui fait à manger. C'est donc à la cuisine de père de famille que j'ai été habitué. Ayant certaines préoccupations pour la protection de l'environnement, je comprends l'intéret qu'il y a à ne pas manger trop de viande et à ne pas manger au McDonalds. Ce que je comprends moins, c'est le succès des produit des régimes, Canderel et ses amis, qui en plus d'être insipides, sont écologiquement plus que douteux. Vous le voulez, mon truc à moi? Dans mon café, je ne mets plus de sucre. Plutôt que de bouffer des friandises dites allégées, je ne mange rien. Et j'apprécie plus mes repas. Je concède une chose, le premier truc mis en avant n'est pas, dans ce cas, la protection de l'environnement, mais celle du ventre plat de ces dames. Ca me rappelle la chanson des Malpolis, "La fille de la femme moderne" :
" Et quand elle dit qu'on est en train de tout détruire
La bouffe qu'on mange, comme l'air qu'on respire,
C'est avant tout pour sa santé qu'elle s'inquiète
Bien plus, en fait, que pour l'av'nir de la planète."
Vous me trouvez macho? Vous avez peut-être raison, mais je modèrerai en posant une autre question, sur laquelle les féministes de tous poil ne devraient pas me donner tort.
Les femmes sont-elles les seules responsables?
Vu ce qui précède, vous pourriez croire que je pense que oui. Vous auriez tort. Nous sommes embarqués, hommes comme femmes, dans la société de consommation. Alors que les femmes pèsent plus lourd écologiquement parlant que les hommes, c'est une chose, mais de là à dire qu'il faut les mépriser ou leur en attribuer la seule faute, il y a un pas que je ne franchirai pas. Qui baratine les filles en leur montrant des canons de beauté, et en leur disant qu'une femme doit être belle ou je ne sais quoi. Est-ce que dans le fond, la femme belle sous toutes les coutures, toujours bien prore sur elle, qui ne se met jamais en colère ou ne dit jamais de grots mots, est-ce que ce n'est pas l'homme qui a imposé cette image d'elle-même à la femme? Ne sont-ce pas des hommes qui ont créé cette nécessité pour la femme? Alors, est-ce que la fashion victim n'est pas une autre forme de domination de l'homme sur la femme au même titre que la femme au foyer? J'aime bien les filles sans maquillage et sans fringues à la mode. Je ne les rejetterai pas si elles en ont, mais je les apprécierai encore plus sans, même si elles ont des cernes, des poignées d'amour ou Dieu sait quoi. Parce que ce que j'aime chez les gens en général, c'est la simplicité, le fait d'être simplement soi-même. Si tu es une fille, ce message s'adresse à toi, tu ne m'impressionneras pas avec des fanfreluches, mais ta seule personne peut suffire pour que je vienne te manger dans la main. Nous sommes tous des êtres humains. Je ne mériterais pas que tu m'acceptes avec mes faiblesses, si je n'étais pas prêt à accepter les tiennes. Et j'affirme que les canons de beauté ne servent qu'à faire complexer celles qui n'y correspondent pas. Tout comme j'ai pu être jaloux des minets taillés comme des allumettes, en me faisant une raison, comme quoi je faisais 1,90m pour 100 kilos et que ça risquait d'être dur à changer. J'ai au moins un avantage, c'est qu'avec moi, au moins, les filles se sentent en sécurité, je ne suis pas le genre de mec à qui on va chercher des crosses.